LISIS
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Mirabelle Husson

Doctorante, ADEME

Après l’obtention du master d’histoire des sciences, des techniques et des savoirs de l’École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS), Mirabelle Husson est doctorante au sein du LISIS depuis octobre 2020 et rattachée à l’école doctorale OMI (Organisations, Marchés, Institutions) de l’Université Gustave Eiffel. L’objet de sa thèse menée dans le cadre d’un financement ADEME-INRAE (KIC Climat), dirigée par Marc Barbier (UMR LISIS, directeur de recherche INRAE) et co-encadrée par Bruno Turnheim (UMR LISIS, chargé de recherche INRAE) concerne l’émergence des projets de stockage de carbone dans les sols agricoles.

Résumé du projet de thèse en français :

Cette thèse mobilisera la sociologie et l’histoire pour étudier l’émergence récente de projets d’expérimentation et de démonstration visant à stocker du carbone dans les sols (« soil carbon farming ») dans plusieurs régions françaises et européennes. Il s’agira de mener, en s’inscrivant dans une démarche exploratoire, une analyse des dynamiques de transformation des systèmes agricoles par le biais d’études de cas ciblées portant sur des projets de démonstration de réseaux et de communautés de pratiques et de contextes socio-institutionnels variés. Dans l’étude de ces projets de stockage de carbone, il s’agira d’analyser les jeux d’acteurs, les instruments et dispositifs de gestion et l’articulation de différentes visions et cadrages. La thèse visera également à mettre en relief les barrières et les leviers pour les acteurs de ces projets de transformation des systèmes agricoles qui rassemblent notamment des agriculteurs, des conseillers, des chercheurs, des industriels (coopératives, industries agroalimentaires, biogaz et énergie, engrais organiques, etc.) mais aussi des acteurs publics et des collectivités territoriales. Il s’agira de comprendre en quoi ces projets qui semblent s’inscrire dans une dynamique de « niche socio-technique » ont l’ambition d’une transition ou d’une transformation des systèmes agricoles dans le cadre d’une bioéconomie durable. Dans ces desseins, le stockage de carbone dans la matière organique du sol semble constituer une panacée, un remède à des maux multiples (changement climatique, dégradation des terres, biodiversité…), dont l’efficacité dépendrait aussi du caractère vivant du sol. La thèse se situe au croisement des sciences humaines et sociales sur la gouvernance du changement climatique, sur les sols et sur la transition vers la durabilité, et elle vise à contribuer à ceux-ci. Elle vise une approche à la fois interdisciplinaire en faisant dialoguer différentes sciences sociales (sociologie, science-politique, histoire et sciences de l’organisation des secteurs) et intersectorielle (agriculture, industries agroalimentaires, secteur financier, recherche, politique). La thèse vise également une approche multi-niveau en étudiant à la fois des projets émergents, mais aussi comment leur émergence est favorisée, ou non, à l’échelle régionale, nationale, et européenne et si ces projets reflètent, ou non, une trajectoire d’innovation technique en train de se faire.

 

Summary of the thesis project in English :

This thesis will mobilize sociology and history to study the recent emergence of experimental and demonstration projects aimed at storing carbon in soils (« soil carbon farming ») in several French and European regions. The aim will be to carry out, as part of an exploratory approach, an analysis of the dynamics of transformation of agricultural systems through targeted case studies of demonstration projects of networks and communities of practice and various socio-institutional contexts. In the study of these carbon storage projects, the aim will be to analyze the interplay of actors, management instruments and devices and the articulation of different visions and frameworks. The thesis will also aim to highlight the barriers and levers for the actors of these projects for the transformation of agricultural systems, which include farmers, advisors, researchers, industrialists (cooperatives, food processing industries, biogas and energy, organic fertilizers, etc.) but also public actors and local authorities. The aim is to understand how these projects, which seem to be part of a « socio-technical niche » dynamic, have the ambition of a transition or transformation of agricultural systems within the framework of a sustainable bioeconomy. With these goals in mind, the storage of carbon in soil organic matter seems to be a panacea, a remedy for multiple ills (climate change, land degradation, biodiversity…), whose effectiveness would also depend on the living nature of the soil. The thesis is at the crossroads of human and social sciences on the governance of climate change, on soils and on the transition to sustainability, and aims to contribute to these. It aims at an interdisciplinary approach by bringing together different social sciences (sociology, science-politics, history and organizational sciences of sectors) and intersectoral (agriculture, agro-food industries, financial sector, research, policy). The thesis also aims at a multi-level approach by studying both emerging projects, but also how their emergence is promoted, or not, at the regional, national, and European levels, and whether or not these projects reflect a trajectory of technical innovation that is taking place.