LISIS
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Axe 2 – Socialisation et réappropriations des innovations

Dans la perspective des renouvellements aussi bien empiriques que théoriques des STS, il s’agit d’explorer la manière dont les savoirs, les outils et les dispositifs sociotechniques « font société ». Que l’on considère les règles ou les standards en matière environnementale, des protocoles thérapeutiques émergents, des modes d’organisation inédits de la décision publique ou des interfaces numériques destinés à équiper tels ou tels professionnels, jusqu’où ces confections de normes, d’agencements ou de médiations affectent-elles nos attachements, réactualisent-elles nos imaginaires, voire reconfigurent-elles nos manières d’exister en société ? Comment rendre compte de la constitution des collectifs liés à l’appropriation des innovations ? Les travaux de l’axe 2 s’appuient notamment sur les recherches réalisées au LISIS sur les politiques de quantification et de normalisation dans des domaines très différents. Face aux dispositifs policiers de surveillance à distance, des techniques de fouille des données numériques et des risques d’intrusion excessive de l’Etat ou des entreprises, comment garantir un espace de délibération et de droit ? Face aux traitements automatiques des flux de données, comment le travail journalistique préserve-t-il son indépendance vis-à-vis des sources qu’il aura cru pouvoir réinterroger ? Face à des appareillages permettant d’intervenir à distance et à des outils numériques organisant l’information, comme le patient est-il néanmoins assuré de pouvoir faire valoir ses attentes et intérêts ? Confronté à des instrumentations d’une puissance inédite de contrôle de ses parcelles, de ses troupeaux et de ses productions, comment l’agriculteur peut-il néanmoins exprimer la spécificité de ses attaches au territoire et au monde local qui est le sien ?

Les chercheurs travaillent aussi sur les interventions de collectifs (associatifs, professionnels, coopératifs) dans les processus d’innovation et dans les activités de conception. Quelles sont les implications des formes participatives d’innovation sur les agencements socio-techniques, sur leur circulation et sur leur appropriation ? Comment ces transformations sont-elles gouvernées ?