LISIS
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Soutenance de thèse Loup Sardin

Chères Lisisiennes, chers Lisisiens,

J’ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de doctorat en sociologie, préparée à l’Université Paris-Saclay dans le cadre d’une convention CIFRE avec SNCF Réseau, sous la direction d’Emmanuel Kessous (LISIS) et de Caroline Orset (PSAE), et intitulée « Que vaut la végétation ferroviaire ? Enquête sur les reconfigurations de sa maîtrise au sein de SNCF Réseau« .

La soutenance aura lieu le mardi 10 novembre à 14 h, à l’adresse suivante : Amphi B1.01 – AgroParisTech, 22 place de l’Agronomie, Bâtiment B, Palaiseau. La soutenance sera suivie d’un pot convivial sur la mezzanine située à l’entrée de l’amphithéâtre.

Vous trouverez ci-dessous plus d’informations à ce sujet :

Jury

  • Mme Laura CENTEMERI, Directrice de recherche, CNRS (EHESS) — Rapporteure
  • M. Thomas REVERDY, Professeur, Grenoble INP — Rapporteur
  • Mme Helen MICHEAUX, Maîtresse de conférences, AgroParisTech (Université Paris-Saclay) — Examinatrice
  • M. Paul CARY, Professeur, Université de Lille — Examinateur
  • Mme Sandrine BARREY, Maîtresse de conférences, Université Toulouse-Jean Jaurès — Examinatrice

Résumé

Depuis le début des années 2010, la maîtrise de la végétation au sein de SNCF Réseau connaît de nombreuses évolutions. Cette activité, essentielle au fonctionnement du réseau ferroviaire, répond notamment à des enjeux de sécurité et de régularité des circulations. Face à la montée des préoccupations environnementales et aux évolutions réglementaires, l’entreprise a progressivement adapté ses méthodes d’entretien. Elle a ainsi réduit son usage de produits phytopharmaceutiques et a développé des pratiques de gestion différenciée, distinguant davantage la végétation à traiter de celle pouvant être maintenue. Dans ce contexte, la fréquence de certaines interventions d’entretien et les coûts associés à ces interventions ont augmenté. Cette évolution de la fréquence des interventions a également entraîné une hausse des volumes de résidus de coupe laissés sur les dépendances vertes. SNCF Réseau a ainsi vu dans ces « déchets verts » une opportunité de valorisation susceptible de réduire certains coûts de maintenance tout en renforçant son ancrage territorial.

Cette thèse analyse la manière dont les transformations techniques, réglementaires, organisationnelles et environnementales reconfigurent conjointement la maîtrise de la végétation ferroviaire et les façons de l’appréhender. Elle s’appuie sur une enquête menée au sein et autour de SNCF Réseau, reposant sur 29 entretiens semi-directifs, 15 observations de terrain et un corpus d’archives et de documents.

La thèse montre que ces transformations s’accompagnent d’une reconfiguration des manières d’appréhender la végétation ferroviaire, qui peut être considérée, selon les acteurs et les situations, comme une contrainte pour l’activité ferroviaire, un élément de biodiversité à préserver, une ressource fonctionnelle ou valorisable. Les nouvelles exigences environnementales modifient notamment le rapport de SNCF Réseau à la végétation ferroviaire et à son entretien. Leur intégration dans l’organisation repose sur un travail de traduction et d’ajustement des règles et des formats d’évaluation, qui redéfinit les critères au regard desquels les pratiques d’entretien sont jugées efficaces et légitimes. Ces évolutions contribuent également à déplacer le regard porté sur les résidus issus de l’entretien. Ces « déchets verts » peuvent ainsi devenir une ressource valorisable lorsque certaines conditions sont réunies. Ce caractère valorisable ne dépend pas des seules propriétés de la matière, mais d’un ensemble d’agencements sociotechniques articulant sa qualification, l’organisation de sa circulation et de ses échanges, ainsi que des dimensions économiques, réglementaires et institutionnelles.

Mots-clés

Maîtrise de la végétation ferroviaire ; écologisation ; qualification et évaluation ; valorisation des résidus végétaux ; SNCF Réseau