Lilou Buchet (ED OMI, LISIS, CESCO) est doctorante au LISIS depuis décembre 2025 sous la direction de David Demortain (INRAE/LISIS) et Fanny Guillet (CESCO/LISIS). Elle réalise une thèse en sociologie entre STS et sociologie de l’environnement. Ce travail est financé par l’ADEME dans le cadre de son appel à projet de thèses. Elle a préalablement obtenu un master Etudes environnementales du parcours Savoirs en sociétés de l’EHESS.
Ce projet de thèse propose d’explorer, à partir de l’étude de la production et la circulation des savoirs scientifiques et techniques, les tensions intrinsèques au cadrage de la transition énergétique. Pariant sur le développement massif des énergies renouvelables, la transition énergétique engendre tension foncière et conflit direct avec la préservation de la biodiversité. L’objectif sera d’analyser comment les arbitrages entre ces différents intérêts sollicitent la production et de savoirs scientifiques et techniques, soumis à une dynamique d’institutionnalisation et de marginalisation des connaissances dans un cadre techno-centré. Pour travailler cette question s’inscrivant dans la sociologie des sciences et de l’environnement, ce projet propose de se centrer sur l’éolien offshore, particulièrement confronté au manque de connaissance. Les terrains prospectés sont les sites de Saint-Nazaire et de Bretagne Sud, à étudier et mettre en tension. La comparaison permettra d’évaluer l’évolution des savoirs produits et mobilisés à mesure que la filière se développe et les schémas directeurs de l’énergie promeuvent le modèle. Ce faisant, il s’agira d’examiner les types de savoirs mis en avant par les acteurs concernés (promoteurs du projet, riverains, associations…) en les inscrivant dans la matérialité du parc éolien. L’analyse reposera sur une méthodologie qualitative combinant entretiens et observation ethnographique, afin de retracer la trajectoire des connaissances convoquées, de l’institutionnalisation à la marginalisation. Elle a ainsi pour objectif de contribuer à une réflexion critique sur la production de savoirs liés aux ENR offshore et sur la manière dont ces savoirs façonnent les prises de décision et les modalités d’implantation des installations.

