Mathieu Bolard est doctorant en sociologie au LISIS depuis février 2026 sous la direction de Stéphanie Barral (INRAE/LISIS) et de Fanny Guillet (CESCO/LISIS).
Après avoir travaillé près de deux ans au ministère de la Transition écologique sur les engagements volontaires des entreprises en faveur de la biodiversité, il a rejoint le LISIS pour y étudier la création de nouveaux mécanismes de financement privé de la biodiversité. Ses travaux sont menés en partenariat avec le ministère de la Transition écologique dans le cadre d’une Convention de formation par la recherche en administration (COFRA).
Il a initialement obtenu le master Sociologie contemporaine à l’ENS Paris-Saclay et Sorbonne Université, ainsi que le master Politiques publiques à Sciences Po.
mathieu.bolard@edu.univ-eiffel.fr
mathieu.bolard@developpement-durable.gouv.fr
Résumé du projet de thèse :
Le cadre mondial de Kunming-Montréal, qui fixe les objectifs internationaux en matière de biodiversité pour la décennie 2020, estime les besoins de financement correspondants à 700 milliards de dollars par an. Pour combler ce déficit, les politiques publiques s’appuient de plus en plus sur la mobilisation de financements privés.
Cette orientation se traduit par le développement de nouveaux instruments économiques, tels que la vente d’unités de restauration et de renaturation et à terme la création d’un marché de « crédits biodiversité ». Leur essor interroge la place croissante des mécanismes de marché dans la protection de la biodiversité et les transformations des politiques environnementales qui en résultent.
La thèse analyse les conditions d’élaboration de ces instruments en étudiant l’articulation entre enjeux économiques, cadres réglementaires et savoirs scientifiques. En se plaçant à la croisée de la sociologie de l’action publique, de la sociologie économique et de la sociologie des sciences et des techniques, elle examine les arènes de négociation où ces dispositifs sont conçus, les métriques utilisées pour mesurer la biodiversité et définir des « unités » échangeables, ainsi que le rôle des acteurs publics dans l’organisation de ces nouveaux arrangements.
En étudiant ces instruments émergents, la thèse contribue aux débats sur la financiarisation de la biodiversité et sur les transformations de l’action publique environnementale. Menés en partenariat avec le ministère de la Transition écologique, ces travaux visent également à éclairer les réflexions publiques sur le développement de dispositifs de financement volontaires de projets de restauration.

