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Soutenance de thèse Jeanne Pahun – 1 octobre 2020 à 14h00 à Paris dans l’Amphi Coléou d’AgroParisTech

« L’agriculture face aux politiques alimentaires. Une analyse comparée dans trois régions françaises » Soutenue le Jeudi 1 octobre 2020 à 14h00 à Paris dans l’Amphi Coléou d’AgroParisTech. Sous la direction de Eve Fouilleux

Composition du jury :

– Mme Marielle Berriet-Solliec, Professeure en économie, AgroSup Dijon (Examinatrice)

– M. François Dedieu, Chargé de recherche en sociologie, Inrae (Examinateur)

– Mme Anne-Cécile Douillet, Professeure en science politique, Université de Lille (Rapporteure)

– Mme Ève Fouilleux, Directrice de recherche en science politique, CNRS (Directrice de thèse)

– M. Patrick Hassenteufel, Professeur en science politique, Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, (Rapporteur)

– M. Christian Le Bart, Professeur en science politique, IEP Rennes (Président du jury)

– M. Olivier de Schutter, Professeur en droit, Université catholique de Louvain (Examinateur)

Thèse disponible en libre accès au lien suivant : https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-03117411

Une captation vidéo de la soutenance de thèse est aussi disponible au lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=wAK0yX0bDkM

Résumé : L’émergence du nouveau problème public de l’alimentation dresse les contours d’une controverse des politiques agricoles. En effet, pour « manger mieux » il faudrait d’abord « produire mieux », c’est-à-dire transformer le modèle agricole sur lequel s’adosse notre système alimentaire industriel. Cette thèse analyse la traduction, le cheminement et la portée de cette controverse à l’échelle des gouvernements infranationaux : les volets agricoles des politiques alimentaires territoriales renouvellent-ils la régulation publique locale du secteur agricole ? Pour répondre à cette question, notre enquête s’appuie sur une base de données de cent entretiens menés avec les acteurs clés de neuf politiques alimentaires locales réparties sur les territoires du Grand Est, de Bretagne et d’Occitanie. Mobilisant un cadre d’analyse à la croisée de la sociologie des problèmes publics, de l’analyse cognitive des politiques publiques et de leur territorialisation, cette thèse défend l’idée que les politiques alimentaires territoriales donnent à voir une transformation du secteur agricole, mais que celle-ci demeure marginale dans les faits. À l’échelle des gouvernements urbains, l’accession au pouvoir d’outsiders politiques de l’alimentation est porteuse de propositions alternatives pour le développement agricole local, mais les compétences et les rapports de forces internes des administrations urbaines freinent cependant considérablement la mise en œuvre opérationnelle et la portée de leur programme politique. À l’échelle régionale, les politiques alimentaires de promotion des produits locaux constituent un soutien classique du secteur agroalimentaire, sans transformation du modèle agricole promu sur les territoires. Ces politiques sont largement investies par les élites agricoles locales dont l’action oscille entre neutralisation ou accompagnement des controverses alimentaires. Nous montrons aussi que les politiques alimentaires territoriales s’inscrivent dans des stratégies de communication (marketing territorial ou marketing politique) et constituent de nouvelles ressources symboliques permettant aux autorités publiques et aux élites agricoles locales de réaffirmer leur pouvoir. Cette thèse contribue ainsi au renouvellement de l’analyse du changement politique en étudiant les nouveaux enjeux de territorialisation et de transversalité de la régulation publique.