[BLOG POST] Cultures of Trial and Error: When the Spell Breaks

Le dernier blogpost de la série Culture of Trial and Error est désormais en ligne. Après dix contributions réunissant des auteur·rices en STS autour des enjeux de la correction de la science, je suis ravie de vous présenter le nouveau blog de Declan Kuch : When the Spell Breaks: Magic, Money and the EPR Effect.
Dans ce texte, Declan Kuch s’interroge sur la manière dont des affirmations scientifiques fragiles peuvent acquérir une puissance institutionnelle et financière considérable, et sur les raisons pour lesquelles certains paradigmes de recherche persistent pendant des décennies malgré des résultats empiriques décevants.
S’appuyant sur son récent article publié dans Social Studies of Science, coécrit avec Nicolas Rasmussen, l’auteur examine l’essor et le déclin de l’effet de perméabilité et de rétention accrues (EPR) ; l’idée selon laquelle les nanoparticules s’accumulent naturellement dans les tumeurs à travers des vaisseaux sanguins perméables.
Pendant plus de vingt ans, l’EPR a contribué à structurer des milliards de financements en nanomédecine, a permis le lancement de startups biotechnologiques, a soutenu des brevets et des récits d’investissement, et est devenu un élément central de la promesse des thérapies anticancéreuses ciblées. Pourtant, ses fondements empiriques étaient fragiles dès le départ : il ne fonctionnait de manière fiable que dans certains modèles murins spécifiques, plutôt que dans les cancers humains.
Le blog explore la manière dont « l’enchantement » scientifique opère dans la technoscience contemporaine : comment des métaphores comme celle de la « balle magique », des figures charismatiques, les systèmes de financement et le capital-risque peuvent collectivement entretenir une croyance, même lorsque les ambiguïtés et les doutes s’accumulent.
Il s’interroge également sur les raisons pour lesquelles les mécanismes habituels d’autocorrection de la science ont eu du mal à remettre en cause l’EPR, en avançant que l’effondrement du marché a finalement accompli ce que l’évaluation par les pairs n’avait pas réussi à faire.
Le texte se conclut par une réflexion sur ce que l’histoire de l’EPR peut nous apprendre sur d’autres domaines fortement financiarisés, ainsi que sur les enseignements que les jeunes chercheuses et chercheurs peuvent tirer quant à la manière de naviguer, de l’intérieur, entre engouement scientifique et enchantement.
